Journée de la femme Africaine : petite sœur, voici ce que je veux te transmettre… 2


Aujourd’hui, 31 juillet, date presque méconnue où l’on fête pourtant la journée internationale de la femme africaine.
Consacrée officiellement en 1974 à Dakar au Sénégal, la date historique retenue est celle du 31 juillet 1962 lors de laquelle des femmes – dont Aoua KEITA – de tout le continent se sont réunies pour la première fois autour de la Conférence des Femmes Africaines.
Depuis 2015, une femme d’exception – Grâce Bailhache – a lancé la campagne digitale de la Journée de la Femme Africaine.

Le thème de cette année est la transmission. Après avoir parlé de ce que l’on m’a transmis, en tant que jeune femme africaine, je souhaiterais à présent vous parler de ce que j’aimerais transmettre.

 

Au cas où ce serait la première fois que vous visitez mon blog, permettez-moi de me présenter. Je suis Samantha Tracy, je suis congolaise, je vis depuis une dizaine d’années au Sénégal et je suis une Superwoman.

Je vois déjà vos réactions d’ici.

-Oh la la ! Ça va les chevilles ? Tu pourrais attendre que quelqu’un d’autre te lance des fleurs…Tu te la pètes un peu non ?

Oui, j’ai toujours eu droit à ce genre de réaction. Que ce soit pour rire ou très sérieusement. Trop souvent, on me reproche d’être trop sûre de moi, trop prompt à me valoriser, trop fière, trop téméraire… Trop moi.

Pourtant…

Il y a quelques années, je n’étais pas la femme que je suis aujourd’hui. J’ai eu une adolescence où malgré les encouragements des miens et malgré des expériences dures, je ne me donnais pas le droit de me valoriser moi-même. J’étais la jeune femme qui restait dans l’ombre, dont les amis se moquaient dans la cours de récréation.

Oui ! Je suis passée par là.

Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte que j’ai grandi avec un complexe qui a failli m’empêcher de m’épanouir, n’eut été le fait que la vie se décide à me mettre face au mur et à certaines rencontres qui m’ont changée profondément.

Aujourd’hui, je suis devenue une autre femme. Pleine de vie, téméraire, battante, travailleuse…et consciente de ce qu’elle est.
J’ai appris avec le temps, que personne n’avait le pouvoir de nous communiquer une assurance en nous-même si nous ne prenions pas la décision de nous voir telle que nous souhaitons être.

A l’occasion de la journée de la femme africaine, j’aimerais parler à mes petites sœurs… de mes petites sœurs.
Oui, mes jeunes sœurs qui ont peut-être un vécu plus riche que le mien et qui, du haut de mes 27 ans, m’inspirent.

Petite sœur, tu es tellement forte…

Je n’ai jamais compris pourquoi l’ultime compliment que l’on fait à une petite fille reste dans la gamme variée du « Ohhh…T’es jolie ». Tandis qu’aux petits garçons, on a tendance à leur rappeler à quel point ils sont…forts, courageux, habiles.

J’aimerais te dire – petite sœur – que tu es forte. Tellement forte. Tu es habile de tes mains, courageuse dans tes efforts et aussi que tu me fais sourire, parce que j’ai trouvé dans tes actes, un combat que je ne soupçonnais même pas.

A l’exemple de Djenab BAH, cette jeune femme guinéenne que j’ai rencontré lors de la finale régionale du concours Voix des Jeunes.
Elle m’a marqué – dans un premier temps – parce que j’ai appris que malgré le fait qu’elle vivait hors de Conakry – à Nzérékoré – elle n’hésitait pas à parcourir des kilomètres pour se préparer à affronter les équipes ivoiriennes et sénégalaises de cette compétition.

Puis elle m’a marquée à nouveau lorsqu’elle a pris la parole pour parler d’apatridie en plein tournage de l’émission « 7 milliards de voisins ». Elle a répondu à un élu local ivoirien non pas avec de simples mots, mais avec du concret.

La parole est à Djenabou, étudiante guinéenne engagée pour que…

#7milliards – RFI à Abidjan !La parole est à Djenabou, étudiante guinéenne engagée pour que les enfants aient une identité.cc African Development Bank Group Voix Des Jeunes Le Monde Afrique

Publié par 7 milliards de voisins – RFI sur samedi 4 février 2017

 

Djenab Ba est l’une de ces « petites sœurs » qui m’ont marqué et parce que je sais que tu as en toi autant de force qu’elle… J’aimerai te dire, petite sœur, que tu es tellement forte.

Petite sœur, tu es inspirante…

Connaissez-vous « Irawo » ? Cette plateforme béninoise qui s’est donné la mission « d’inspirer l’Afrique » en valorisant les talents africains.

Derrière cette initiative, Mylène Flicka, un petit bout de femme qui entame sa vingtaine. Une jeune femme qui n’a pas sa langue dans la poche et qui est la preuve que la maturité n’a rien à voir avec le nombre d’années.

Blogueuse engagée, Mylène est de cette trempe de femmes qui m’inspirent et qui arrivent à me faire regretter de ne pas avoir osé plus tôt. Avec le sourire, elle « surfe » sur les internets (et en dehors) pour passer les messages qui lui tiennent à cœur, pour parler de ses expériences et pour motiver.

Crédit photo : Darios Tossou

 

Petite sœur, j’aimerais te dire à quel point tu es inspirante. A quel point tu reflètes les 1001 visages de la femme africaine dans toute sa splendeur. Tu es une « Irawo », une étoile.

Petite sœur, tu es téméraire…

Une de mes petites sœurs avec qui je ne suis quasiment jamais sur la même longueur d’ondes est Babel. Une autre participante au concours Voix des Jeunes.

Babel est une jeune femme avec des convictions ancrées et des arguments non négligeables pour les défendre. Babel est une jeune femme engagée qui n’hésite pas à prendre la parole pour dire tout haut, ce que d’autres pensent tout bas.

Babel, c’est un autre bout de femme de 20 ans, qui évolue dans un monde où les hommes sont souvent mis en avant et qui utilise la fougue de son jeune âge pour prendre des positions qu’elle assume.

C’est cette jeune fille téméraire que je connais et si il est vrai qu’on est presque jamais d’accord ; elle reste une de ces femmes qui m’impressionnent.
Sûre d’elle, battante, téméraire… et têtue ! Dieu, que cette femme peut être têtue !

 

Pourtant, petite sœur, elle représente pour moi toute la fougue que j’aimerais avoir lorsque je prends position, avec un brin de sagesse nécessaire pour revenir sur ses pas, apprendre et avancer.

Petite sœur, tu es étonnante…

J’ai découvert Ace, en pensant de premier abord qu’il s’agissait d’un jeune garçon. Le nom n’aidait pas, il faut dire. Et elle avait ce côté « railleur » que l’on attribue souvent aux hommes. Pourtant Ace – qui de toute évidence met un point d’honneur à ne pas parler d’elle même – est une plume pointue qui écrit sur la communication, les startups et l’AfriqueElle est une de ces plumes intelligentes qui reflètent la femme africaine telle qu’elle devrait être – aussi – présentée.

Capture d’écran – page officielle du blog du Disrupteur

 

Oui, petite sœur ; tu es intelligente, tu es critique, pertinente et tu sais être réaliste.

 

Petite sœur, tu ouvres ton monde aux autres…

Pour l’avoir découverte avec la JIFA, j’aimerais parler de Tchonté Pitin Mireille Silué, cette jeune femme derrière le centre Eulis. Cet espace de lecture qui s’est donné l’objectif d’initier les enfants de Yopougon à la lecture. Un pari fou dans lequel la jeune femme s’est engagée avec une grande volonté.
Vous pouvez la lire ici pour sa contribution à la journée de la femme africaine. 

Crédit photo : Tchonté Pitin Mireille Silué

 

Je ne sais pas si tu as su me lire à travers chacune de ces lignes mais petite sœur, ce que j’aimerais te transmettre, c’est l’image de ces femmes : Africaines, différentes et… extraordinairement ordinaires. Je ne suis pas allée chercher des « succes story » à Hollywood mais j’ai regardé tout près de chez moi. Et j’ai trouvé des petites sœurs qui m’ont, un jour ou l’autre, inspiré.

J’aimerais que tu comprennes que c’est ta responsabilité d’oser, de te battre, de t’assumer et d’avancer.

J’aimerais que tu saches, petite sœur, que personne n’a plus de pouvoir sur toi que celui à qui tu décides de le donner.

Petite sœur, toi et moi, nous représentons déjà l’autre visage de la femme africaine, nous sommes un des 1001 visages de cette Afrique.

Ce que j’aimerais te transmettre, petite sœur, c’est la force que m’inspire Djenab, l’altruisme de Mireille, le courage de Babel, l’esprit avisé de Ace, l’attention de Mylène… Ces jeunes femmes ordinaires qui font des choses extraordinaires.

Mais bien au delà, j’aimerais que tu puisses te faire face et que tu puisses te valoriser…

Petite sœur, voilà ce que je veux te transmettre… Soit un des 1001 visages de cette Afrique au féminin.
Et ne laisse personne te dire que tu ne peux pas le faire.

Ta grande sœur.

 

 

 


Samantha Tracy

A propos de Samantha Tracy

"Samantha Tracy, 27 ans et pas seule dans sa tête". Communicatrice/Journaliste et Graphiste de formation, je suis également slameuse et scénariste junior à mes heures perdues. On dit de moi que je suis pétillante et déterminée. J'ai des choses à écrire et il est important que le monde puisse me lire. Nous lire.


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