Sommet de la Francophonie : Viens ! Que je te raconte Tana… 43


J’ai posé mes bagages à la suite d’un long périple entre Dakar – Nairobi – Antananarivo, capitale de Madagascar.

Invitée à la formation MONDOBLOG se tenant durant le Sommet de la francophonie, j’ai eu le privilège de passer une dizaine de jours dans cette ville colorée que l’on croirait sortie directement d’une vieille carte postale.

Vue depuis la ville Haute - Crédit photo : Mathias V / Mondoblog. Antananarivo 2016

Vue depuis la ville Haute – Crédit photo : Mathias V / Mondoblog. Antananarivo 2016

J’aimerais tellement vous raconter « Tana » mais je ne pourrais vous transmettre l’émotion qui m’a habitée en faisant sa connaissance. Je me contenterais donc de retracer les grandes lignes de mon périple…

Bonjour le monde. Ici Samantha Tracy, de Dakar à Antananarivo.

Bienvenue à Tana…

L’arrivée à « Tana », petit nom de la Capitale malgache ; s’est faite sans trop de soucis. Il faut dire que l’Organisation internationale de la Francophonie avait mis les petits plats dans les grands pour nous accueillir : Visa de courtoisie et non-obligation de faire une longue queue d’attente. #Merci

Au sortir de l’aéroport avec les autres blogueurs, j’ai découvert une ville qui se cherchait encore entre modernité et passé, entre richesse et pauvreté.

Si il est vrai que les panneaux affichaient l’événement de l’année pour cette île, les rues – elles – affichaient le désarroi des populations qui regardaient passer les convois des décideurs de ce monde en sachant que leur présence ne changerait rien à leur quotidien.

Les vieilles Renault – des taxis – pour la plupart du temps, encombraient les petites chaussées et aux nombreux embouteillages, des enfants en guenilles ainsi que des femmes d’un certain âge ; venaient frapper aux vitres du bus. Ils demandaient la charité.

Rue de Tana - Crédit photo : Clara Delcroix / Mondoblog. Antananarivo 2016

Rue de Tana – Crédit photo : Clara Delcroix / Mondoblog. Antananarivo 2016

Bienvenue au village de la Francophonie…

Comment vous dire ça ?

Le village de la Francophonie, ce n’est pas Antananarive ! Non ! Impossible.

C’est ce que je me suis dit en arrivant au magnifique village de la Francophonie.

A l’entrée, la sécurité vérifiait chaque sac et s’assurait que nul objet dangereux ne vienne nuire à la fête. Bon point !

Le village était à la fois un espace de promotion culturelle et de promotion commerciale. Les différents pavillons ont été décorés aux couleurs du pays ou de la structure qu’ils représentaient.

Entre deux courses, j’ai eu le temps de vous proposer mon top 5 des stands à visiter obligatoirement.

Le village de la Francophonie, c’était aussi la Place de la musique où pendant toute une semaine se sont produit des artistes de plusieurs domaines. Pour ma part, j’ai été charmée par Bloco Malagasy ; un groupe de jeunes filles, prodiges des percussions. Mais aussi par les slameurs du MadagaSlam qui m’ont fait le plaisir de m’inviter à partager une scène au Sommet International de la Francophonie.

Au risque d’être trop longue, je ne vous parlerais pas de la diversité chaleureuse qui a constitué ce petit bout de monde. Ni même des rencontres extraordinaires que j’ai pu faire. Je me contenterais de vous dire que j’ai eu le plaisir de rencontrer Michaelle Jean, Secrétaire Générale de l’OIF et son Excellence François Hollande avec qui j’ai eu un bref échange. En Slam.

En fin de compte, pour la blogueuse de passage que je suis, le village de la Francophonie a tenu ses promesses. Malgré des délestages fréquents et une connexion internet peu stable…On ne peut malheureusement pas tout avoir !

Mais à côté de cela…

Je disais donc que le village de la Francophonie n’était certainement pas Antananarivo. La différence était de taille. Tant en ce qui concerne les lieux que les personnes qui les fréquentaient.

Comment ça ?

Les malgaches…Ces lésés!

L’entrée au village de la Francophonie était payante. Oui, payante ! Pour le commun des Malgaches en tout cas. Environ 2000 ariary (383 francs CFA); en sachant que la classe moyenne malgache vit avec moins de 3000 ariary par jour (600 francs CFA) et que une grande partie survit avec 500 ariary par jour (100 francs CFA).

Dois-je expliquer à quel point c’est grave ?

Vous comprendrez alors pourquoi on trouvait plus d’habitants de Ivandry que ceux de Anosibe (Ndlr : Quartiers aisé et quartier pauvre d’Antananarivo).

Le village de la francophonie était fermé – il faut le dire ainsi – au grand nombre des malgaches qui, il est important de le souligner ; n’ont pas les moyens de se payer un ticket d’entrée pour vivre l’événement qui met leur pays au centre du monde francophone.

Les hôtels, les commerces, les stands…

Hormis le côté assez commercial du village comme souligné ici, il y’avait le fait que – Ohh surprise ! – les entrées d’argent seraient rentables pour un petit nombre seulement de malgaches, déjà assez nantis.

Au village de la Francophonie par exemple, j’ai été surprise d’entendre une des vendeuses parler de ses expériences dans certaines contrées lointaines. Une grande dame de toute évidence. Grande dame qui me regarda d’ailleurs dédaigneusement lorsque j’ai tenté de négocier le prix d’une pochette qu’elle me vendait à 10.000 ariary (2000 francs CFA). Pochette que j’ai achetée par la suite à 3000 ariary (600 francs CFA) au marché local « Pavillon ».

C’est à se demander combien coutait la location de ces stands ? Est-ce que les petits commerçants ont eu leur chance d’exposer ?

Bref ! Tellement de questions et si peu de réponses.

Même constat au niveau des hôtels, des restaurants et des commerces où les propriétaires sont majoritairement des indiens. Une communauté assez présente à Madagascar et remarquée par son poids économique. Des commerces les plus modestes aux plus développés.

En somme, le Sommet de la Francophonie ne semble guère avoir été bénéfique pour la population malgache moyenne. Juste un étalage de comment l’Etat malgache pouvait – finalement – dépenser utiliser l’argent du contribuable.

Liberté d’expression prise en otage

Un « code de la communication médiatisé » jugé « liberticide » par les professionnels de la Communication et de l’Information, les membres de la société civile malgache, les activistes, les blogueurs et les simples citoyens a été promulgué par le Chef d’Etat dans sa version contestée. Une atteinte à la liberté d’expression qui a poussé le mouvement pour la liberté d’expression (MLE) à adresser cette lettre aux états participant au Sommet de la francophonie. Pour quelle réponse ? Aucune.

Manifestants au bord de la route. Crédit photo : Fatouma H / Mondoblog. Antananarive 2016

Manifestants au bord de la route. Crédit photo : Fatouma H / Mondoblog. Antananarive 2016

Puisque hormis quelques manifestants réclamant leur liberté de s’exprimer, tout semblait aller dans le meilleur des mondes à Antananarivo.

Africains ? Nous ?… Non ! Malgaches !

Alors que je sillonnais le village de la Francophonie, camera en main ; j’ai aperçu un groupe de jeunes que j’ai vite fait de rejoindre. Alors qu’ils me parlaient de leur ville, je leur ai demandé si ils se sentaient africains.

Africains ? Non ! Nous sommes malgaches !

Image d'illustration. Diversité culturelle représentée sur les murs. Crédit photo : Maristé C/Mondoblog. Antananarivo 2016

Image d’illustration. Diversité culturelle représentée sur les murs. Crédit photo : Maristé C/Mondoblog. Antananarivo 2016

Je ne saurais dire si cela fait partie de leur éducation mais à entendre ces jeunes d’environs 20 à 22 ans, il existe un culte de la « clarté » à Madagascar. Cheveux lisses, teint clair et français parfait : Voilà comment il faut être.

Pourtant, avec le sourire, une d’entre eux n’a pas hésité à me dire qu’elle allait se faire lisser les cheveux tous les samedis et a même accusé son amie d’utiliser du « pandalao » – crème éclaircissante – pour garder un teint plus clair. Plus malgache.

Je crois qu’on est plus indien…Chinois…Je sais pas ! Mais pas africain ! D’ailleurs, on ne s’est pas détaché de l’Afrique ! Plutôt de l’Inde. Non, on est pas africains.

J’ai choisi de ne pas poursuivre mon interrogatoire. J’ai souris et je suis partie.

Blogueurs dans les rues de Tana. Crédit photo: Mathias V / Mondoblog. Antananarivo 2016

Blogueurs dans les rues de Tana. Crédit photo: Mathias V / Mondoblog. Antananarivo 2016

Je pourrais continuer pendant des heures à parler de cette ville colorée où les habitants sont nombreux, différents, souriant bien que démunis.

Je pourrais parler des petites rues de « Tana » où j’ai rencontré des enfants curieux, des femmes travailleuses, des scouts joyeux entre richesse et pauvreté.

Je pourrais vous parler de nos rires dans les ruelles de la capitale, de la viande de Zébu que j’ai dégusté à toutes les sauces, de la THB qui m’a désaltérée même quand je n’étais plus assoiffée, des petites rues commerçantes où le prix est triplé et où on vous propose directement de payer en Euros…

Je pourrais vous parler de « Tana » pendant des heures, de son soleil qui se lève trop tôt et qui – quand il se couche – est trop beau.

Je pourrais faire ça mais ça ne suffira pas.

Je suis allée à Antananarivo dans le cadre du Sommet de la Francophonie et cela a été une expérience inoubliable et bénéfique pour la jeune femme que je suis.

Si il est vrai que j’ai quitté la grande île avec plein de souvenirs dans la tête et une nouvelle vision du monde, je n’ai pas manqué d’être touchée, frustrée et dégoutée par nos dirigeants qui ferment les yeux sur les malgaches, lésés et en marge de cette célébration.

J’ai d’ailleurs parlé à un jeune malgache qui m’a particulièrement touché. A moi, il a dit avec la voix enrouée et les yeux presque larmoyants :

Ceci n’est pas Madagascar. Où sont donc passés nos mendiants? Nos frères qui crient la misère. En marge de cette célébration, il y’a l’autre Madagascar. Celui que vous ne verrez pas et dont on ne parlera pas parce que trop occupés à ovationner la réussite de ce sommet où les malgaches sont les principaux oubliés. Revient nous voir Samantha…Dans un mois, un an ou deux, et tu verras Madagascar. Celui dont on ne parlera pas cette fois-ci. Pas à ce sommet.

 

Vue sur Tana. Vrédit photo : Clara Delcroix / Mondoblog. Antananariov 2016

Vue sur Tana. Vrédit photo : Clara Delcroix / Mondoblog. Antananariov 2016

Au revoir « Tana »…Au revoir et à très vite! En espérant que la prochaine fois, ce soit toi… Toi, la vraie « Tana » qui me dise « Tonga soa ». Bienvenue.


Samantha Tracy

A propos de Samantha Tracy

"Samantha Tracy, 27 ans et pas seule dans sa tête". Communicatrice/Journaliste et Graphiste de formation, je suis également slameuse et scénariste junior à mes heures perdues. On dit de moi que je suis pétillante et déterminée. J'ai des choses à écrire et il est important que le monde puisse me lire. Nous lire.


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43 commentaires sur “Sommet de la Francophonie : Viens ! Que je te raconte Tana…

  • Thierry

    Ton talent force le respect. Merci de pointer cette réalité douloureuse qui est la pauvreté. Elle n’épargne aucun lopin de terre mais la révolte de nos coeurs vient de l’arrogance des décideurs.

      • zazagasy

        Bofff, blog bien illustré sauf sur le paragraphe ou vous êtes gourée sur le pandalao !
        Peut-être même, vous êtes jalouses voir nos têtes et nos teints qui se contraste de la votre.

        • Samantha Tracy
          Samantha Tracy Auteur du billet

          Bonjour et merci de m’avoir lue.
          L’idée de ce paragraphe n’était guère de frustrer qui que ce soit. Je m’en excuse si c’est le cas pour vous. J’ai ici parlé d’un échange avec deux jeunes malgaches dont l’une s’est permise de taquiner son amie à ce sujet.

          Après, si vous pensez qu’il s’agit de jalousie, c’est votre droit de penser ainsi. Pour ma part, même si j’aime beaucoup votre couleur de peau si originale, je reste super fière de mon teint noir ébène. C’est mon identité.
          Bien à vous.
          Samantha

          • Peterson Antenor

            Merci pour ton texte, tu as soulevé des points importants qui m’ont donné une piste pour approfondir sur ce qui se passe la bas en terme de fragmentation socio-économique.
            Je vois pas vraiment pourquoi zazagasy pense que tu es jalouse de leur couleur, ca fait penser comment bcp d entre eux se sent supérieur a cause de leur peau éclaircissante, sur ce point on dirait qu ils sont très susceptible.

          • Samantha Tracy
            Samantha Tracy Auteur du billet

            Heureusement que peu de malgaches pensent comme lui. Ils sont très ouverts. Quelqu’un l’a souligné dans les commentaires mais il s’agit certainement de la jeune génération peu informée sur leurs origines.

  • Mirana

    Bonjour,

    J’ai trouvé l’article sincère et touchant. Je me suis également amusée du commentaire de zazagasy qui est typique d’une certaine classe sociale de Tana, éminemment raciste, et qui rejette tout l’héritage africain de la culture malgache. Il faut se dire que dans les régions d’Antananarivo, la société est divisée en castes et que, historiquement, les noirs ont toujours été dans les castes les plus basses (descendants d’esclaves). D’où ces considérations ridicules – mais particulièrement ancrées – de la beauté des peaux claires et des cheveux lisses. Les cheveux crépus et les peaux foncées étant, quant à eux, disqualifiés socialement. Réalité douloureuse et honteuse, bien cachée, dont on parle peu, et qui est difficilement perceptible pour le visiteur au premier coup d’œil. Maintenant, ce n’est pas le ressenti de tous les malgaches, d’autres se sentent profondément africains et se disent appartenir au continent. Pour ma part, je dis que nous sommes africains, et je suis heureuse d’affirmer cette identité et cette continuité. J’ai trouvé votre réponse à zazagasy parfaitement formulée. Bravo, et encore bravo pour l’article 🙂

  • Finel

    Bonjour Samantha Tracy,

    Je suis Malagasy. 🙂 j’ai aimer votre article.
    A propos de la partie « Je crois qu’on est plus indien…Chinois…Je sais pas ! Mais pas africain ! D’ailleurs, on ne s’est pas détaché de l’Afrique ! Plutôt de l’Inde. Non, on est pas africains. »

    La reponse viens surment des ados de Tana inculte. Mais si tu sort de Tana ou plus precisement dans le province de Madagascar, la reponse sera differents comme moi je te repondrais que je suis un Africains, je viens de Diego-Suarez la partie Nord de Madagascar. J’ai passer beaucoup de temps au Nord et au Sud de Madagascar.

    Le soucis avec les gens de Tana la plupart n’ont jamais sortie de Tananarive.

    Merci.

  • Sophie
    Sophie

    Wow! Merci pour ce récit vraiment … (je ne trouve pas le mot). C’est vrai que pour voir Madagascar, surtout Tana, il faut revenir en « temps normal ».
    Lol pour le pandalao, et pour info je n’en utilise pas mais c’est tellement vrai! 😀
    Excellent billet! J’en profite également pour dire que je suis fan des slams …

  • Jenn

    Très bon article Samantha ! Je suis d’origine malgache et je me sens africaine avant tout contrairement à une partie de la population. Oui nous avons un métissage africain/asiatique, mais malheureusement beaucoup de malgaches l’oublient. Et oui malheureusement Tana lors de la francophonie n’est pas le vrai tana, comme à chaque événement international, le cache-misère est de rigueur….

  • Missou

    Article intéressant et très pertinent.
    Vous avez touché une corde sensible en ce qui concerne les racines africaines des malgaches. Elles sont indéniables mais bon… Nous sommes un peuple qui vit énormément dans le déni 😀
    D’où le culte des cheveux lisses – un véritable lavage de cerveau!
    Ce genre de racisme est encore très présent à Madagascar, quoiqu’insidieux et dissimulé derrière des arguments souvent creux.

    En tout cas merci pour cet article et merci d’être passée dans notre pays. Nous avions grandement besoin du ressenti de nos visiteurs.
    Merci de ne pas avoir détourné le regard en voyant la misère et merci car certains malgaches, comme moi, se retrouvent dans vos écrits… Un plaisir de vous lire et de découvrir votre blog!

    Bon courage à Dakar et partout où vous irez!

    • Samantha Tracy
      Samantha Tracy Auteur du billet

      Ah oui! Précision que j’aurais dû faire dans mon texte. Dans le « parler » chez moi, les « feux rouges » incluent tout ce qui met un stop à la circulation: les « vrais » feux rouges, les policiers, les embouteillages!lol!
      Je vais le mentionner. Merci de me rappeler ici que je ne pense pas avoir vu de vrais feux à Tana

  • B. Rakotoarison

    Article très pertinent et qui projete un regard objectif sur les réalités de la vie à Tana. Véritablement, le Sommet de la Francophonie ne représente en rien les réalitées de Madagascar. Ce fût juste une occasion pour le gouernement et les nantis de se pavaner et faire du « show of ». Pauvre pays!

  • Thierry-robert Nsikou

    Putain je suis sans voix face à tant de talent.

    Mais c’est vrai qu’en Afrique on fort pour les apparences, pour organiser des choses comme ça qui ne changeront rien au quotidien des gens et ou le prolétariat n’a pas sa place. Mais pourtant ces sommets sont organisé en leur noms.

  • Tsoupou

    Bravo, bravo, bravo.
    Vous avez juste été de passage pour ce « sommet » des « sommités » mais vous avez tout cerné à partir de ce que vous avez pu voir (ou pas).
    Tout ce que vous dites là n’est que la triste vérité. Je me demande même si vous n’avez pas déjà été ici à Tananarive tant vous savez « trop » de choses 🙂
    Continuez à parler de vos vécus comme ça sans tourner autour du pot (ou de la ville) 😉

    • Samantha Tracy
      Samantha Tracy Auteur du billet

      Merci.
      Je suis tout de même désolée d’avoir choquée certaines personnes qui pensent que je juge les malgaches, ce que je n’oserais pas faire. Je parle juste de ce que j’ai eu à voir. Navrée tout de même si j’ai heurté des sensibilités.

  • Rijaniaina
    Rijaniaina

    Bien vu de la part d’une touriste de passage 🙂

    « Africains nous, non! » typique de nous malgaches, asiatiques ils ne nous veulent pas non plus, nous sommes seuls au monde (snif)

    « culte … du français parfait », oui Madagascar étant en cours d’être la destination de tous les centre d’appels francophones => ça génère environ 8000 emplois aujourd’hui, l’objectif des groupes français c’est 100 000 emplois en 2020 !!!

    Revenez, revisitez le vrai Antananarivo et surtout la vraie Madagascar … Miverena! (revenez)

  • David Tsarony

    Un texte magnifique et très touchant, merci. Je suis particulièrement d’accord avec cette dernière affirmation, ce que tu as pu voir n’est pas Madagascar, revenez un jour nous revoir.

  • Hery

    Félicitations pour ton post qui nous a plongé dans l’ambiance de la francophonie à Tana ! Mon attention s’est portée sur la question que forcement beaucoup d’étrangers se posent à savoir si les malgaches se sentent africain ou pas ?! En premier lieu, Que veux dire être africain ?? L’Afrique est un continent avec des peuples de couleur, de cultures diverses, donc on ne peut résumer cela au fait d’être noir (y a bien des sud-africain tout blanc, y a des peuls ou des éthiopiens qui ressemblent aux malgaches !!!). Pour moi, être africain veut tout simplement dire appartenir géographiquement, administrativement, politiquement ou économiquement à ce continent, ce qui est le cas de Madagascar, malgré sa spécificité insulaire.
    Moi en tant que malgache, peu importe mon apparence physique, je me sens bel et bien Africain. La réaction de Zazagasy ne mérite même pas de s’y attarder.
    Mais je reconnais, que j’ai eu la chance de visiter d’autres pays (dont ton beau Sénégal natal !!!). Il faut comprendre que Madagascar est une île, peu de malgache ont la possibilité de découvrir d’autres pays ou de côtoyer des étrangers. Beaucoup n’ont comme référence de l’Afrique continentale que des clichés négatifs véhiculés par les médias ou la colonisation, et le comportement insulaire renforce ce sentiment de spécificité « malgache », comme les antillais ou les britanniques.
    En outre, pour les étrangers, il faut avoir en tête que Madagascar est un grand pays (4ème plus grande île du monde), y a 24 millions d’habitants et les malgaches sont un peuple très très métissé, non seulement physiquement, mais aussi culturellement. A Antananarivo vous aurez l’impression d’être en Asie, par les traits physiques des habitants et les paysages, mais Tana est loin d’être représentatif de tout Madagascar, et à titre personnel, je trouve même que, contrairement à beaucoup de capitales qui sont des vitrines positives de leur pays, Tananarive, de prime abord, donne souvent une image négative de Madagascar, il faut du temps pour bien apprécier et découvrir cette ville unique en son genre. Sur la côte c’est radicalement différent, un étranger qui y débarque ne se posera pas la question de savoir où il se trouve ou si les malgaches sont africains, car immédiatement on retrouve le côté île tropicale avec les stéréotypes africains. Diego-Suarez ou Majunga, ressemble plus à Dakar qu’a Tana!!! La majorité des gens sont bel et bien NOIRS avec des cheveux crépus et une culture proche des peuples bantous ou swahilis d’Afrique de l’est!!!
    Pour comprendre ce complexe assez typique des Tananariviens, sur la couleur de peau, il faut toutefois reconnaître que la majorité des habitants de cette partie de l’île sont issu des migrations indonésiennes, clair de peau avec des cheveux lisse et la société Tananarivienne était à l’époque, comme beaucoup de sociétés asiatique, organisée en caste ou l’apparence physique avait une certaine importance. Comme dans beaucoup de pays, tout ce qui s’approchait des critères physiques européens étaient les plus valorisés et a contrario, être foncé de peau te rapprochait de l’Afrique, synonyme d’esclavage, de pauvreté et tous les autres clichés négatifs. Avec l’évolution, la société se mélange et cela tend à disparaitre, mais certains et paradoxalement beaucoup plus les classes bourgeoises, restent sur des préjugés négatifs de l’Afrique ce qui les pousse à rejeter cette appartenance.

  • Sylvie LOPEZ

    Bonjour Samantha,
    Merci pour votre article. Je ne connais pas Madagascar mais je voyage beaucoup et connais des pays similaires. Je ne suis pas surprise par votre ressenti sur le sommet de la Francophonie. En prenant de l’âge, je constate de plus en plus, que ce genre de manifestation, soi-disant ouverte à tous est réservée à une élite…. (élite économique bien sûr puisque notre société est de plus en plus basée sur l’argent). La dualité sociétale a toujours existé, il y a toujours eu les riches et les pauvres. Cependant, nous assistons à une hypocrisie comme celle que vous relatez. On nous fait croire que la manifestation est ouverte à tous alors que c’est totalement faux, le prix du billet d’entrée étant la barrière. Ce genre de pratique existe également en France. Mais le plus gênant là dedans ce sont les discours des politiques ou des organisateurs, toujours pleins de condescendance…. et qui finalement ne sont que du bla, bla…… C’est très bien que vous l’ayez souligné. Beaucoup de tralala sur la francophonie mais finalement elle ne s’adresse qu’à certains.
    Mon billet d’humeur ne va pas changer les choses, il va juste souligner que nous ne sommes pas dupes. J’imagine que de grosses sommes ont été engagées pour le déroulement d’un tel événement….. Dommage, elles auraient pu être utilisées pour effectuer des stages de français auprès de jeunes défavorisés… mais bon, suis -je utopiste?