Merci pour ce moment…

 

Elle lut la notification du nouveau message reçu par son homme. On pouvait y lire : « C’était très bon, tout à l’heure. Merci pour ce délicieux moment ».

 

Le téléphone avait vibré et dans un élan de curiosité, elle avait jeté un coup d’œil à la notification qui venait de s’afficher sur l’écran de son homme.

Ils venaient de rentrer d’une soirée arrosée. Durant le trajet en voiture, leurs corps s’étaient cherchés, leurs yeux s’étaient croisés et leurs langues s’étaient goutées. Passionnément, goulûment, indécemment.

A présent, il était sorti de la douche et se tenait nu devant elle. Elle frissonna. Il était grand, beau et décidemment gâté par les dieux. Elle le voulait et son regard à lui seul était la promesse solennelle qu’elle rejoindrait un à un, les sept cieux.

Mais… Le téléphone avait vibré et elle avait vu la notification qui s’était affiché sur l’écran de son homme.

Il y en avait donc une autre.

 

Eden avait rencontré Nathan lors du mariage d’un de leurs amis. Ils avaient été installés tous les deux à la table des célibataires et avaient fini par rentrer ensemble. Ce soir-là, ils avaient parlé pendant des heures dans la garçonnière de Nathan et s’étaient séparés au petit matin.

Non, il ne s’était rien passé. Pas même un seul baiser volé.

Puis ils s’étaient revus et avaient entamé une relation avec ses hauts, ses bas, ses joies et ses trahisons. Cela faisait bientôt trois ans qu’ils se fréquentaient assidument.

Eden était le feu et Nathan, l’eau. Ils se complétaient autant qu’ils s’aimaient. Ils vivaient à deux cents à l’heure. Ils étaient jeunes, beaux et plein de rêves.

 

Nathan avait rejoint Eden dans le lit. Elle était allongée sur le ventre. Son corps fin s’étalait sur les draps blancs. Il passa sa main sur sa cuisse et remonta vers son dos. Elle sentit son membre durcir contre elle et se cambra un peu plus. Il l’embrassa dans le cou et descendit vers sa poitrine. Il connaissait chaque courbe du corps d’Eden et elle, savait comment le rendre fou, sans faire un seul geste.

Ils se connaissaient. Tellement.

Beaucoup trop.

Nathan sentit que l’esprit d’Eden était bien loin de leurs ébats.

–  Qu’est-ce qui ne va pas ?

Elle se retourna et lui fit face. Des larmes ruisselaient doucement sur son visage. Elle essayait de comprendre ce qui se passait. Nathan avait donc une autre femme dans sa vie ?

L’idée même lui paraissait insoutenable.

Un soir, après qu’ils se soient disputés, Nathan s’était réfugié chez son ex. Il était rentré le lendemain et sans crier gare, avait avoué à Eden qu’il l’avait trompée. Elle était partie. Il l’avait suivie sous la pluie et l’avait rattrapée alors qu’elle tentait de prendre un taxi. Sous cet orage, il s’était agenouillé et avait imploré le pardon de sa dulcinée. Elle avait cédé.

Depuis, ils avaient tenté de se reconstruire. Lentement mais surement. La confiance qu’Eden avait perdue était revenue peu à peu puis leur complicité avait repris le dessus. Elle demeurait le feu et lui, l’eau.

 

Elle pleurait.

Il chercha ses lèvres et elle, à l’aveugle, s’empara du téléphone. Il lui embrassa l’épaule, elle lui tendit le téléphone.

–  C’est qui ?

Il regarda rapidement l’écran puis se redressa à demi.

Il ne voulait pas en parler. Il ne voulait plus en parler.

–  Je l’ai revue.

Nathan n’en dit pas plus. Il savait qu’Eden comprendrait.

Il avait été pendant longtemps en couple avec Ayem. Pendant trop longtemps. Lorsqu’ils avaient rompu, il avait eu du mal à s’en remettre. Après cinq ans de vie commune, Ayem s’était envolée pour Londres, sans un regard pour lui. Un an après son départ, il s’était reconstruit et avait fait de la place à Eden, dans sa vie. Seulement, dès que Ayem revenait pour des vacances ou autres, il accourait. Pendant tout le temps de son séjour, il était à disposition. Il profitait de ces courts moments, oubliant en même temps Eden.

C’était devenu une routine. Ayem débarquait chaque année pour ses vacances et lui, trouvait le moyen de passer du temps avec elle. Ensuite, elle reprenait son avion et lui, retrouvait Eden. Son Eden.

Un soir, après qu’ils se soient disputés, Nathan était parti rejoindre Ayem. Encore une fois. Ce soir-là, en rentrant, il avait tout avoué à Eden et avait promis de tourner la page qu’était Ayem.

Mais il avait cédé. Encore.

Eden le savait donc. Eden, toujours allongée sur ces draps blancs, le regard embué de larmes et les lèvres tremblotantes.

Il la prit dans ses bras. Doucement. Tendrement.

Elle se laissa faire et chercha à nouveau ses lèvres. Il l’embrassa. Passionnément, goulûment, indécemment.

Leurs corps se cherchèrent, leurs regards se croisèrent, leurs lèvres se goutèrent encore et encore.

Nathan ressenti un picotement dans le bas de son ventre. Eden appuya un peu plus sa poitrine contre la sienne et glissa, innocemment, sa main sur l’entrejambe de son homme.

Jamais Nathan n’avait vu Eden aussi entreprenante. Il l’imagina ainsi offerte à lui et se durcit. Il la désirait à en avoir mal.

Eden saisit fermement le membre gorgé de sang. Elle le sentit durcir entre ses doigts. Elle sourit. Lui, il gémissait doucement, à chaque va et vient qu’elle effectuait.

Ils s’emmêlèrent et ne firent plus qu’un.

Ils gémissaient à l’unisson et ne faisaient plus qu’un. Elle cria son nom. Il lui murmura qu’il l’aimait.

Ils s’endormirent.

 

Nathan se réveilla alors que le ciel s’assombrissait. Le vent, qui faisait claquer les volets, avait fini de le réveiller. Il chercha Eden entre les draps. Elle n’était plus là.

Il l’appela. Elle ne répondit pas.

Son téléphone vibra. Il lut la nouvelle notification reçue. Eden venait de lui écrire un message.

« C’était très bon, tout à l’heure. Merci pour ce délicieux moment ».

 

 


Donc Aphtal a lancé un challenge à Befoune. Il était question qu’elle écrive un texte en partant du premier pragraphe de ce texte. Tchonté a ressenti le besoin d’écrire et s’est greffée au challenge. J’ai collé le wagon à mon tour.

Voilà où on en est.

 

Crédit photos : NGPhotos via Iwaria

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