DANSE : L’Afro-moderne… Entre tradition et modernité.

Un miroir, un parquet bien entretenu, des murs blancs et des poufs rouges… Bienvenue à #TDH, The Dance Hall

The Dance Hall est le 1er centre de danses urbaines du Sénégal ; un endroit sorti de l’imagination et de la volonté de Mariama TOURE, accueillait dans le cadre du MUDC (Camps de danses urbaines) un Talk sous le thème : « La diversité dans les danses afro ».

Aïda (Coordonnatrice de l’Association Danse Fé) et Christ (Coordinateur  de SNB) ; tous deux danseurs émérites et passionnés ; étaient les animateurs de ce moment de partage.

Danse: Afro-moderne, entre tradition et modernité
CORTEX et AIDA, animateurs de la session
Pour ceux qui se poseraient la question… Non, je ne danse pas (Enfin, pas en « pro » et pas lorsque je suis totalement moi-même quoi ! Merci chère vodka) mais je suis une passionnée de la culture sous toutes ses formes et j’ai donc voulu en apprendre un peu plus.

The Thème : La diversité des danses africaines

Le thème parlait de la pluralité des identités culturelles liées à la danse. Il est  bon de préciser que la plupart des danses africaines puisent leurs origines dans les danses tribales ou ethniques.

Si il est vrai que les danses rituelles gardent, aujourd’hui encore, un aspect secret pour le « commun des mortels » ; cela n’empêche pas que les danses traditionnelles – plus ouvertes – se sont fait connaître à la jeune génération. Bien loin des tam-tams et des danses autour du feu.

La danse accompagne la vie, nous dira la charmante Aida.

Au Congo, les Kébé-kébés dansent lors des cérémonies mortuaires et au Gabon, la Tcham – danse très populaire à  l’heure actuelle – est un ensemble de pas qui rappellent le pré-combat des bangandos dans les mapanes de Loubev.

Par ces exemples, les « conférenciers » du jour nous ont rappelé qu’en Afrique, la danse est liée aux évènements de la vie de tous les jours. Elle a une histoire, elle transmet des sentiments et a un but bien précis. Pour chacun des événements importants de la vie (naissance, mariage, circoncision, mort…) ; il y avait un rituel tout particulier. Un rituel souvent dansé.

« Marcher, courir, sauter, tourner… C’est déjà faire un pas de danse », nous dira à son tour Christ.

De nos villages… Aux pistes de danses.

Depuis quelques années, l’Afro-moderne prend ses marques sur les pistes de dance. Que ce soit du ndombolo revisité, du Djazzé, du Makossa, en passant par l’Azonto et le coupé-décalé ; l’Afro-moderne regroupe tous les styles de danse propre à l’Afrique.

La plupart de ces danses sont nées en combinant des mouvements de nos danses traditionnelles ; mixées aux pas de Hip-hop, Rnb ou autre danses d’origine occidentale.

L’Afro- moderne c’est donc un mélange de toutes nos différences, de ce qu’il y a de meilleur. C’est une sorte d’Afrique en miniature. Un mélange des histoires racontées par chacun de nos pas de danse.

Dexter, danseur connu pour son Krump particulièrement impressionnant, trouvera d’ailleurs les bons mots pour le dire : « 10 petites histoires peuvent former une grande histoire »

Ce mélange a eu l’avantage de conquérir un plus grand public et de s’ouvrir à la mondialisation. Un bon point pour nos danses africaines.

Et si nous perdions notre identité ?

Le Djazzé se danse désormais en Suède, comme vous pouvez le voir sur cette vidéo… A l’exemple d’ailleurs du Gweta togolais, du Ndombolo congolais, du Coupé-décalé ivoirien.  Mais sous le « dénominateur commun » de DANSE AFRO.

L’inquiétude est donc de savoir si à force de vouloir extérioriser les danses africaines sous un nom commun, nous ne risquons pas de perdre notre identité profonde. Après tout, la plupart de ces danses ont une histoire, une origine et transmettent des sentiments précis.

Ne risquons nous pas de perdre tout cela à force de mixité ?

Pour Mariama, fondatrice du 1er centre de danses urbaines au Sénégal qui n’est pas contre la modernisation actuelle de nos danses traditionnelles ; il reste important néanmoins de garder la particularité propre à chacune des danses.

« C’est notre responsabilité de remettre chaque danse à sa place »

La solution ? Codifier nos danses, en apprendre l’histoire et la partager lorsque nous partageons la danse pour que au-delà du terme « Afro-moderne » qui réunit une multitude de danse, que la diversité du continent ne cesse pas d’être mise en avant.

Voilà donc… L’échange aura été fructueux, l’ambiance aura été au rendez-vous et pendant quelques heures ; les danseurs présents auront oublié que le parquet les accueillaient parfois pour danser. Ce soir là, il était là pour les écouter parler de ce qu’ils aiment.

La danse. Sous toutes ses formes.

Partagez

Auteur

Commentaires